Gestion

Calculer son point mort : la méthode simple, avec un exemple

Charges fixes, marge sur coûts variables, seuil de rentabilité et point mort en jours : le calcul pas à pas, illustré par l'exemple d'un petit commerce.

Le point mort répond à une question simple : combien dois-je vendre pour ne pas perdre d'argent ? C'est l'un des calculs les plus utiles pour un créateur, et l'un des plus faciles à faire. Voici la méthode.

Les trois notions à connaître

Les charges fixes

Ce sont les dépenses que vous payez quel que soit votre niveau d'activité : loyer, assurances, abonnements, expert-comptable, remboursement d'emprunt, salaires fixes, et votre propre rémunération. On les additionne sur un mois ou sur une année.

Les charges variables

Elles augmentent avec les ventes : achats de marchandises, matières premières, commissions, frais de livraison, emballages.

La marge sur coûts variables

C'est ce qui reste sur chaque vente une fois les charges variables payées. On l'exprime souvent en pourcentage du chiffre d'affaires : le taux de marge sur coûts variables.

La formule

Seuil de rentabilité = charges fixes ÷ taux de marge sur coûts variables

Le seuil de rentabilité est le chiffre d'affaires à partir duquel l'activité couvre toutes ses charges. Le point mort est la date à laquelle ce seuil est atteint dans l'année.

Un exemple concret

Prenons une boutique de décoration qui prévoit :

  • des charges fixes de 4 500 € par mois (loyer, assurances, comptable, rémunération de la gérante, remboursement du prêt) ;
  • des produits achetés 40 € et revendus 100 € HT en moyenne.

Sur chaque vente de 100 €, la marge est de 60 €, soit un taux de marge de 60 %.

Seuil de rentabilité mensuel = 4 500 ÷ 0,60 = 7 500 € HT de ventes par mois.

Avec un panier moyen de 100 €, la boutique doit donc réaliser 75 ventes par mois, soit environ trois ventes par jour d'ouverture sur 25 jours. La question devient alors très concrète : est-ce réaliste compte tenu de l'emplacement et de la fréquentation ?

Le point mort en jours

Sur une année, si le seuil de rentabilité est de 90 000 € et que vous prévoyez 120 000 € de chiffre d'affaires, le point mort est atteint au bout de :

90 000 ÷ 120 000 × 365 = 274 jours, soit début octobre.

Autrement dit, les trois premiers trimestres servent à couvrir les charges, et le bénéfice se fait sur le dernier. Plus ce point arrive tard dans l'année, plus l'activité est fragile face à un imprévu.

Ce que le calcul vous apprend

Le point mort n'est pas qu'un chiffre pour la banque. Il vous permet de tester des décisions :

  • Et si j'augmente mes prix de 10 % ? Le taux de marge monte, le seuil baisse.
  • Et si je prends un local plus grand ? Les charges fixes augmentent : combien de ventes supplémentaires faut-il ?
  • Et si j'embauche ? Même raisonnement.

C'est un outil de décision que l'on peut refaire en quelques minutes à chaque choix important.

Les pièges à éviter

  • Oublier sa propre rémunération dans les charges fixes. Un point mort calculé sans elle donne l'illusion d'être rentable alors que vous travaillez gratuitement.
  • Confondre marge et chiffre d'affaires. Vendre plus ne sert à rien si chaque vente rapporte trop peu.
  • Ignorer la saisonnalité. Un seuil mensuel moyen peut masquer des mois très en dessous.

Vous voulez vérifier le point mort de votre projet ou de votre activité ? C'est l'un des calculs au cœur du diagnostic projet.

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